Vous cherchez des informations sur le jubilé 2026 : pèlerinage à Rome, et vous vous demandez ce qu’il reste de l’Année sainte une fois les projecteurs éteints. La réponse mérite d’être posée sans détour : le Jubilé ordinaire de l’Espérance, ouvert par le pape François le 24 décembre 2024, s’est achevé le 6 janvier 2026, jour de l’Épiphanie, lorsque le pape Léon XIV a refermé la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre. Les trois autres portes saintes romaines avaient été murées quelques jours plus tôt, entre le 25 et le 28 décembre 2025. En 2026, aucune porte jubilaire n’est donc ouverte à Rome, et la prochaine Année sainte ordinaire n’est attendue qu’en 2050, selon le rythme de vingt-cinq ans fixé depuis le pontificat de Paul II.
Faut-il pour autant renoncer au voyage ? Certainement pas, et surtout pas si vous aimez l’art sacré. Un pèlerinage romain ne se réduit pas au franchissement d’un seuil : il traverse dix-sept siècles de création chrétienne, des mosaïques paléochrétiennes du Ve siècle aux bronzes du XXe, en passant par la Renaissance de Michel-Ange et le baroque du Bernin. Les quatre basiliques majeures, qui constituent depuis le Moyen Âge le circuit classique du pèlerin, forment à elles seules un véritable musée de l’art chrétien, encore vivant et encore en usage liturgique. Cet article vous propose de les lire comme on lit un livre d’images : en repérant les styles, les commanditaires, les techniques et les symboles.
Jubilé 2026 : où en est-on exactement ?
Le mot jubilé vient de l’hébreu yôbel, la corne de bélier dont la sonnerie annonçait, selon le Lévitique, une année de remise des dettes et de libération. L’Église latine a repris le terme en 1300, lorsque Boniface VIII proclama la première Année sainte. Le rythme a varié — cent ans, puis cinquante, puis trente-trois — avant de se stabiliser à vingt-cinq ans. Le Jubilé 2025, placé sous le thème de l’espérance, a attiré plus de trente-deux millions de personnes ayant franchi les portes saintes, selon les chiffres communiqués par Mgr Rino Fisichella, pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation. Sainte-Marie-Majeure a compté à elle seule environ vingt millions de visiteurs sur douze mois, un afflux que la basilique n’avait jamais connu.

Concrètement, si vous partez à Rome en 2026, vous ne trouverez plus de porte sainte franchissable, ni le dispositif d’accueil jubilaire — parcours fléchés, réservations en ligne obligatoires, volontaires en gilet — qui avait été déployé l’année précédente. En revanche, vous bénéficierez d’une ville largement restaurée : les chantiers publics et ecclésiastiques lancés en prévision de l’Année sainte ont laissé derrière eux des façades nettoyées, des mosaïques consolidées et des espaces piétonniers réaménagés. Pour l’amateur d’art sacré, l’année qui suit un jubilé est souvent la meilleure : les œuvres sont propres, l’éclairage a été refait, et la foule a considérablement diminué. C’est un moment privilégié pour observer les détails.
Repères chronologiques des Années saintes
| Année | Pape | Fait marquant pour l’art sacré |
|---|---|---|
| 1300 | Boniface VIII | Premier Jubilé ; Giotto peint une fresque commémorative au Latran |
| 1500 | Alexandre VI | Institution du rite d’ouverture de la Porte sainte à Saint-Pierre |
| 1600 | Clément VIII | Rome baroque en chantier ; essor des façades jésuites |
| 1650 | Innocent X | Borromini restructure Saint-Jean-de-Latran pour le Jubilé |
| 1950 | Pie XII | Bénédiction de l’actuelle Porte sainte en bronze de Vico Consorti |
| 2000 | Jean-Paul II | Grand Jubilé ; campagne massive de restauration des façades romaines |
| 2025-2026 | François, puis Léon XIV | Restauration du baldaquin du Bernin ; clôture le 6 janvier 2026 |
La Porte sainte : un rite, quatre seuils, une œuvre d’art
La Porte sainte est sans doute l’objet le plus méconnu du pèlerinage romain. On en parle comme d’un rite, rarement comme d’une sculpture. Pourtant, celle de Saint-Pierre est une commande artistique précise, exécutée par le sculpteur siennois Vico Consorti (1902-1979) et fondue à Florence dans les ateliers de la Fonderia Artistica Ferdinando Marinelli. Elle fut bénie le 24 décembre 1949 par Pie XII, la veille de l’ouverture de l’Année sainte 1950, et financée par les fidèles du diocèse suisse de Bâle et Lugano ainsi que par leur évêque. Son programme iconographique se déploie en seize panneaux de bronze qui racontent l’histoire du salut, depuis la faute originelle et l’expulsion de l’Éden jusqu’à la Résurrection et à l’ouverture du seuil jubilaire lui-même.

Le rite lui-même mérite un mot, car il explique la forme de l’objet. Entre deux jubilés, la porte n’est pas simplement fermée : elle est murée de l’intérieur par une cloison de brique, derrière laquelle on scelle un coffret contenant les clés et des médailles commémoratives. À l’ouverture, la maçonnerie est abattue ; à la clôture, elle est reconstruite. Ce va-et-vient entre architecture et liturgie donne à la Porte sainte un statut singulier dans l’histoire de l’art : c’est une sculpture conçue pour être invisible la plus grande partie du temps. Les trois autres basiliques majeures possèdent chacune la leur, avec des programmes plus récents — celle de Saint-Paul-hors-les-Murs, installée en 2000, est un travail d’argent et de bronze dû à Enrico Manfrini.
Le saviez-vous ? En 1975, le rite de fermeture faillit tourner à l’accident : un pan de la maçonnerie provisoire se détacha alors que Paul VI se tenait devant la porte, et seule la réactivité des cérémoniaires évita le pire. L’épisode conduisit à revoir complètement le protocole technique : depuis Jean-Paul II, la porte n’est plus abattue à coups de marteau par le pape mais simplement poussée, la démolition du mur ayant lieu en amont.
Saint-Pierre du Vatican : Michel-Ange, le Bernin et un chantier record
Saint-Pierre concentre une densité d’œuvres majeures que peu d’édifices au monde peuvent revendiquer. À droite en entrant, la Pietà sculptée par Michel-Ange entre 1498 et 1499 reste la seule œuvre qu’il ait signée, sur la bandoulière de la Vierge. Le marbre de Carrare y atteint un poli presque irréel, et la disproportion volontaire des genoux de Marie — élargis pour recevoir le corps du Christ — est une leçon de composition que l’on n’oublie pas. Plus haut, la coupole, dessinée par le même Michel-Ange à partir de 1546 et achevée par Giacomo della Porta en 1590, culmine à cent trente-six mètres et porte l’inscription en mosaïque du Tu es Petrus en lettres de deux mètres de haut.

Sous cette coupole se dresse le baldaquin du Bernin, classé parmi les manifestes du baroque romain. Commandé par Urbain VIII et achevé en 1633, il mesure près de vingt-neuf mètres et pèse une soixantaine de tonnes de bronze doré. Ses colonnes torses, dites salomoniques, citent les colonnes de l’ancienne basilique constantinienne que la tradition faisait venir du Temple de Jérusalem. En prévision du Jubilé, la Fabrique de Saint-Pierre a mené de février à décembre 2024 la première restauration d’ampleur depuis environ deux cent cinquante ans, financée par les Chevaliers de Colomb. Les restaurateurs ont retiré les dépôts de suie accumulés par des siècles de cierges, consolidé les dorures à la feuille et repris les ancrages métalliques. Le résultat, visible depuis, a rendu au bronze une chaleur que les photographies anciennes ne laissaient pas soupçonner.
La lecture du monument gagne à se prolonger vers l’abside, où la Cathedra Petri, autre œuvre du Bernin achevée en 1666, enchâsse un trône de bois ancien dans une gloire de stuc doré traversée par un vitrail d’albâtre figurant la colombe. C’est un dispositif typiquement baroque : l’architecture, la sculpture et la lumière naturelle sont traitées comme un seul matériau. Si le sujet vous intéresse, notre article consacré au pape François et son rapport à l’art sacré éclaire la manière dont les pontifes contemporains se situent face à cet héritage somptuaire, entre conservation patrimoniale et exigence de sobriété.
Saint-Jean-de-Latran : la cathédrale de Rome
On la nomme souvent à tort la deuxième basilique de Rome. Saint-Jean-de-Latran est en réalité la première : c’est la cathédrale du diocèse de Rome, l’église propre de l’évêque, et son inscription de façade la proclame mater et caput de toutes les églises de la Ville et du monde. Fondée sous Constantin vers 313-318, elle a été incendiée, rebâtie et remodelée tant de fois qu’elle offre aujourd’hui un feuilleté stylistique remarquable. L’intervention la plus spectaculaire est celle de Francesco Borromini, chargé par Innocent X de moderniser la nef pour le Jubilé de 1650 : plutôt que de détruire les colonnes antiques, il les enveloppa dans de puissants piliers rythmés de niches, créant une perspective d’une force peu commune.
Ces niches ont reçu au siècle suivant les douze statues colossales des apôtres, commandées sous Clément XI à plusieurs sculpteurs de l’entourage de Carlo Maratta. Chacune se repère à son attribut : la clef pour Pierre, l’épée pour Paul, la croix en X pour André, le couteau et sa propre peau pour Barthélemy. Ce vocabulaire des attributs, qui structure toute l’imagerie chrétienne occidentale, se retrouve dans la statuaire, les vitraux et les enluminures ; nous en détaillons les codes dans notre présentation de la hiérarchie de l’Église catholique et de ses insignes. Ne manquez pas non plus le cloître du XIIIe siècle, chef-d’œuvre de la famille Vassalletto, dont les colonnettes torsadées incrustées de pâte de verre dorée illustrent l’art cosmatesque à son sommet.
Sainte-Marie-Majeure : cinq siècles de mosaïques superposées
Si vous ne deviez visiter qu’une basilique pour comprendre l’histoire de la mosaïque chrétienne, ce serait celle-ci. Sainte-Marie-Majeure conserve dans sa nef un cycle de trente-six panneaux du Ve siècle, contemporain du concile d’Éphèse de 431 qui proclama Marie Theotokos, Mère de Dieu. Ces mosaïques paléochrétiennes racontent l’Ancien Testament dans un style encore tout imprégné de la peinture romaine : perspectives esquissées, drapés amples, paysages suggérés par quelques touches de tesselles claires. L’arc triomphal, de la même campagne, développe un cycle de l’Enfance du Christ où Jésus est représenté en petit empereur entouré d’une cour, formule iconographique caractéristique du Ve siècle et rarement conservée ailleurs.

Huit siècles plus tard, l’abside reçoit un tout autre langage. Jacopo Torriti y compose vers 1295 un Couronnement de la Vierge où le Christ et Marie siègent sur un même trône, enveloppés d’un disque étoilé et entourés de rinceaux peuplés d’oiseaux. La comparaison entre la nef et l’abside est saisissante : même technique, même lieu, mais huit cents ans d’évolution du regard. Le plafond à caissons dorés, attribué à Giuliano da Sangallo à la fin du XVe siècle, aurait été doré avec l’or offert par les souverains d’Espagne. C’est également dans cette basilique, devant l’icône Salus Populi Romani, que le pape François a souhaité être inhumé en 2025, dans un tombeau volontairement dépouillé.
Saint-Paul-hors-les-Murs : l’incendie de 1823 et la basilique ressuscitée
La quatrième étape du circuit est la plus étrange, car elle est à la fois très ancienne et très récente. Dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823, un incendie provoqué par des travaux de couverture détruit presque entièrement la basilique constantinienne agrandie au IVe siècle par Théodose et Honorius. La reconstruction, menée sur plus de quarante ans, choisit une voie rare pour l’époque : reproduire le plan et les proportions d’origine plutôt qu’inventer un édifice néo-gothique ou néoclassique. Le résultat déroute certains visiteurs, qui trouvent l’ensemble froid ; il constitue pourtant un témoignage précieux sur ce que pouvait être l’espace d’une grande basilique paléochrétienne, avec ses quatre-vingts colonnes de granit et sa lumière rasante.
Trois éléments ont survécu aux flammes et justifient à eux seuls le déplacement. Le cloître du XIIIe siècle, encore une fois dû aux Vassalletto, aligne des colonnettes toutes différentes, lisses, torses, cannelées, incrustées de mosaïque. Le chandelier pascal de Nicola d’Angelo et Pietro Vassalletto, haut de plus de cinq mètres et sculpté vers 1170, déroule sur son fût un cycle de la Passion mêlé de figures monstrueuses. Enfin, la mosaïque absidiale exécutée vers 1220 par des artistes vénitiens appelés par Honorius III montre un Christ bénissant à la grecque, souvenir direct des échanges artistiques entre Rome et Byzance. La frise des médaillons des papes, qui court sur tout le pourtour de la nef, est en revanche largement postérieure à l’incendie.
Les quatre basiliques majeures en un coup d’œil
| Basilique | Fondation | Style dominant | Chef-d’œuvre à ne pas manquer |
|---|---|---|---|
| Saint-Pierre du Vatican | IVe siècle, rebâtie 1506-1626 | Renaissance et baroque | La Pietà de Michel-Ange et le baldaquin du Bernin |
| Saint-Jean-de-Latran | vers 313-318 | Baroque sur structure paléochrétienne | La nef de Borromini et le cloître cosmatesque |
| Sainte-Marie-Majeure | 432-440 | Paléochrétien, médiéval, baroque | Les mosaïques de la nef et l’abside de Torriti |
| Saint-Paul-hors-les-Murs | IVe siècle, rebâtie après 1823 | Reconstitution paléochrétienne du XIXe | Le chandelier pascal et la mosaïque absidiale |
Lire une basilique romaine : le vocabulaire utile
Quelques mots suffisent à transformer une visite. Le regard s’organise beaucoup mieux lorsqu’on sait nommer ce que l’on voit, et les guides sur place emploient ce lexique sans toujours l’expliquer. Voici les termes que vous rencontrerez le plus souvent dans les quatre basiliques, avec leur sens précis en histoire de l’art sacré.
- Abside : le renfoncement en demi-cercle situé derrière l’autel, presque toujours orné d’une mosaïque ou d’une fresque monumentale.
- Arc triomphal : la grande arcade qui sépare la nef du chœur ; son décor annonce le programme théologique de l’édifice.
- Confessio : la crypte aménagée sous l’autel majeur pour abriter les reliques du saint titulaire.
- Art cosmatesque : technique romaine des XIIe et XIIIe siècles, faite de petits fragments de marbre et de porphyre remployés en motifs géométriques.
- Ciborium : le dais de pierre ou de bronze posé sur quatre colonnes au-dessus de l’autel, dont le baldaquin du Bernin est la version monumentale.
- Tessella : le cube de verre, de pierre ou de pâte de verre dorée qui compose une mosaïque ; son inclinaison volontaire fait vibrer la lumière.
- Remploi : l’usage d’éléments antiques — colonnes, chapiteaux, sarcophages — dans une construction chrétienne plus tardive.
L’architecture est la première manifestation de l’homme créant son propre univers, un univers qui vient de lui-même à l’image de la création.
Le Corbusier, à propos de l’espace sacré
Préparer un pèlerinage artistique à Rome en 2026
Hors année jubilaire, l’organisation redevient beaucoup plus souple, mais quelques précautions restent utiles. Les quatre basiliques majeures sont d’accès libre et gratuit, ce qui surprend souvent les visiteurs habitués aux cathédrales payantes d’Italie du Nord. En revanche, les espaces annexes qui contiennent parfois les plus belles pièces — cloîtres, musées basilicaux, loggia des Bénédictions, nécropole vaticane — sont soumis à billetterie et, pour la nécropole, à une demande écrite préalable adressée à la Fabrique de Saint-Pierre plusieurs semaines à l’avance. Pensez aussi que ces églises restent des lieux de culte en activité : les offices interrompent la circulation et le silence y est de rigueur.
- Privilégiez la première heure d’ouverture pour la lumière rasante sur les mosaïques absidiales.
- Emportez une paire de jumelles légères : les cycles de la nef de Sainte-Marie-Majeure sont à plus de dix mètres.
- Respectez le code vestimentaire : épaules et genoux couverts, sans quoi l’accès est refusé aux portiques de contrôle.
- Vérifiez avant de partir la présence d’échafaudages, fréquents après une année sainte, sur les sites officiels des basiliques.
- Le trajet Latran-Sainte-Croix-de-Jérusalem se fait à pied en vingt minutes et suit un axe de pèlerinage médiéval.
Un mot enfin sur le calendrier. Beaucoup de voyageurs organisent leur séjour autour d’une fête liturgique, ce qui change complètement l’expérience visuelle : ornements colorés, reliquaires sortis de leur armoire, mise en lumière exceptionnelle des absides. Le 5 août à Sainte-Marie-Majeure, une pluie de pétales blancs commémore la légende de la neige miraculeuse ; le 9 novembre marque la dédicace du Latran, fêtée dans toute l’Église latine. Pour situer ces dates les unes par rapport aux autres, notre calendrier des fêtes chrétiennes et de leur art sacré constitue un bon point de départ avant de réserver vos billets.
Conserver et restaurer : ce que le Jubilé a révélé
Une année sainte agit comme un accélérateur patrimonial. La perspective de recevoir plusieurs dizaines de millions de visiteurs oblige à vérifier l’état des surfaces, la stabilité des scellements, la résistance des sols. Elle attire aussi des financements privés que les budgets ordinaires ne permettent pas de mobiliser, comme l’a montré le mécénat des Chevaliers de Colomb sur le baldaquin. Le revers existe : la fréquentation massive fait grimper l’humidité relative et la température, deux paramètres critiques pour les mosaïques à fond d’or et les décors peints. Les conservateurs romains ont dû multiplier les capteurs et adapter les flux de visite, un savoir-faire désormais documenté et réutilisable pour d’autres sanctuaires européens.
Ces questions ne concernent pas que Rome. Si vous êtes propriétaire, paroissien ou bénévole engagé dans la sauvegarde d’un édifice cultuel en France, retenez que toute intervention sur un bâtiment classé ou inscrit au titre des Monuments historiques, ou situé dans un périmètre protégé, suppose une autorisation préalable et l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France. La direction régionale des affaires culturelles instruit les dossiers et oriente vers les professionnels habilités ; la Fondation du patrimoine, de son côté, peut soutenir financièrement les projets par souscription. Nettoyer soi-même une statue ou repeindre un décor ancien reste, dans la plupart des cas, une très mauvaise idée.
Questions fréquentes sur le jubilé et le pèlerinage à Rome
Peut-on encore franchir une porte sainte en 2026 ?
Non. Les quatre portes saintes romaines ont été refermées entre le 25 décembre 2025 et le 6 janvier 2026, celle de Saint-Pierre en dernier. Elles sont à nouveau murées de l’intérieur et resteront closes jusqu’au prochain jubilé. Certaines églises jubilaires en dehors de Rome avaient reçu une porte sainte temporaire pour la durée de l’Année sainte ; elles ont également cessé cette fonction. Vous pouvez en revanche voir les portes de l’extérieur et en observer tranquillement l’iconographie, ce qui est nettement plus facile qu’en période d’affluence.
Quand aura lieu le prochain jubilé ?
Le prochain jubilé ordinaire est prévu pour 2050, selon la périodicité de vingt-cinq ans en vigueur depuis 1470. L’histoire montre toutefois que les papes convoquent parfois des jubilés extraordinaires : Pie XI en 1933 pour le dix-neuvième centenaire de la Rédemption, Jean-Paul II en 1983, et François pour l’Année sainte de la Miséricorde en 2015-2016. Rien ne permet d’anticiper une telle décision, qui relève de la seule initiative pontificale et n’est généralement annoncée que quelques mois à l’avance.
Combien de temps faut-il pour visiter les quatre basiliques majeures ?
Comptez une journée complète si vous vous contentez de parcourir les nefs, et deux jours pour une visite attentive incluant les cloîtres, les musées basilicaux et la montée à la coupole de Saint-Pierre. Les distances ne sont pas négligeables : Saint-Paul-hors-les-Murs se situe à environ trois kilomètres au sud du centre historique, desservie par la ligne B du métro. Les pèlerins qui souhaitent refaire le parcours à pied, comme au Moyen Âge, doivent prévoir une quinzaine de kilomètres au total.
Quelles œuvres voir en priorité si l’on manque de temps ?
Si votre séjour est court, concentrez-vous sur trois ensembles complémentaires. La Pietà de Michel-Ange à Saint-Pierre pour la sculpture de la Renaissance ; les mosaïques de la nef de Sainte-Marie-Majeure pour l’art paléochrétien, rarement conservé à cette échelle ; le cloître du Latran pour l’art cosmatesque médiéval. Ces trois étapes couvrent à elles seules un millénaire et demi d’art sacré et se visitent en une demi-journée bien organisée. Pour prolonger la réflexion sur l’iconographie mariale, notre dossier sur l’Assomption de la Vierge dans l’art sacré complète utilement la visite de Sainte-Marie-Majeure.
Ce qu’il faut retenir
Le jubilé 2026 n’existe pas en tant qu’année sainte : celle-ci s’est achevée le 6 janvier 2026 et la prochaine est attendue en 2050. Mais le pèlerinage à Rome, lui, n’a jamais été suspendu à un calendrier. Les quatre basiliques majeures continuent d’offrir un parcours d’art sacré sans équivalent, de la mosaïque du Ve siècle au bronze du XXe, et l’année qui suit un jubilé réunit deux conditions rarement simultanées : des œuvres fraîchement restaurées et une affluence redevenue raisonnable. C’est probablement le meilleur moment pour regarder vraiment.
Cet article est proposé à titre informatif et documentaire. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel qualifié — conservateur, restaurateur d’art ou architecte du patrimoine — pour toute question relative à la conservation ou à la restauration d’un bien cultuel. Les horaires, conditions d’accès et campagnes de travaux évoqués sont susceptibles d’évoluer : vérifiez-les auprès des sources officielles avant tout déplacement.

Sasha est rédactrice pour Art Religieux. Passionnée par l’histoire des religions et le patrimoine culturel, elle analyse les textes fondateurs, les symboles et les traditions avec une approche rigoureuse et accessible. À travers des contenus documentés et neutres, elle contribue à éclairer les lecteurs sur les grandes croyances et leur influence sur les civilisations.
