La question revient à chaque conclave, dès que la fumée blanche s’élève au-dessus de la chapelle Sixtine : qui est le dernier pape français ? La réponse tient en un nom que les manuels d’histoire de l’art connaissent bien, celui de Grégoire XI, né Pierre Roger de Beaufort, élu en 1370 et mort à Rome en 1378. Depuis sa disparition, aucun Français n’a plus ceint la tiare : cela fait plus de six siècles et demi. Mais ce pontificat n’est pas seulement une curiosité chronologique. Il referme l’un des chapitres les plus féconds de l’histoire de l’art sacré occidental, celui de la papauté d’Avignon, où se sont croisés les fresquistes italiens, les orfèvres parisiens, les enlumineurs bolonais et les tailleurs de pierre du Midi. Comprendre qui fut le dernier pape français, c’est donc parcourir un siècle où la cour pontificale a déplacé le centre de gravité artistique de l’Europe des bords du Tibre aux rives du Rhône.

Grégoire XI, le dernier pape français : une identité précise
Pierre Roger de Beaufort naît vers 1329 au château de Maumont, en Limousin, dans une famille de la petite noblesse corrézienne qui a déjà donné un pape à l’Église. Son oncle, Pierre Roger, a en effet régné sous le nom de Clément VI de 1342 à 1352, et c’est lui qui fait de son neveu un cardinal-diacre à l’âge de dix-neuf ans à peine. Ce népotisme, choquant pour nos catégories modernes, relève à l’époque d’une logique de gouvernement : la papauté avignonnaise s’appuie sur des réseaux familiaux méridionaux dont la fidélité est jugée plus sûre que celle des grandes maisons romaines. Le jeune cardinal ne se contente cependant pas de cette promotion accélérée. Il étudie le droit canonique à Pérouse auprès de Baldo degli Ubaldi, l’un des juristes les plus réputés du siècle, et acquiert une réputation de finesse intellectuelle qui contraste avec le faste ostentatoire de son oncle. Élu le 30 décembre 1370 au terme d’un conclave éclair d’à peine deux jours, il prend le nom de Grégoire XI et devient le septième et dernier pape de la période avignonnaise.
Il faut ici lever une confusion fréquente. Après la mort de Grégoire XI en mars 1378 s’ouvre le Grand Schisme d’Occident, qui voit deux, puis trois obédiences se disputer la légitimité pontificale. Avignon accueille alors Clément VII, puis Benoît XIII, souvent présentés à tort comme des papes français. Le premier, Robert de Genève, était savoyard ; le second, Pedro de Luna, aragonais. Surtout, l’Église catholique les considère aujourd’hui comme des antipapes, c’est-à-dire des prétendants dont l’élection n’est pas reconnue canoniquement. La liste officielle des souverains pontifes s’arrête donc bien à Grégoire XI pour ce qui concerne les Français. Si vous vous interrogez sur l’autre extrémité de cette longue chaîne, notre article consacré à la question qui est le premier pape de l’histoire retrace les origines de la fonction et son iconographie primitive.
Seize papes français en tout
Grégoire XI n’est évidemment pas le seul Français à avoir occupé le trône de Pierre. On en compte seize au total, selon les manières de définir la « francité » d’hommes nés dans des territoires dont les frontières ont beaucoup bougé. Le premier fut Sylvestre II, l’extraordinaire Gerbert d’Aurillac, mathématicien et introducteur des chiffres arabes en Occident, pape de 999 à 1003. Le plus décisif pour l’histoire de l’art fut sans doute Urbain II, qui prêcha la première croisade à Clermont en 1095 et déclencha indirectement la circulation des modèles byzantins et orientaux vers l’Occident roman. Mais c’est le XIVe siècle qui concentre l’essentiel du contingent français, avec sept pontifes consécutifs installés en Provence.
| Pape | Nom de naissance | Pontificat | Apport artistique majeur |
|---|---|---|---|
| Clément V | Bertrand de Got | 1305-1314 | Transfert de la cour à Avignon ; commande de tombeaux gothiques |
| Jean XXII | Jacques Duèze | 1316-1334 | Aménagement du palais épiscopal ; orfèvrerie et tissus précieux |
| Benoît XII | Jacques Fournier | 1334-1342 | Construction du Palais Vieux, austérité cistercienne |
| Clément VI | Pierre Roger | 1342-1352 | Palais Neuf ; fresques de Matteo Giovannetti ; mécénat fastueux |
| Innocent VI | Étienne Aubert | 1352-1362 | Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon ; son tombeau sculpté |
| Urbain V | Guillaume de Grimoard | 1362-1370 | Bibliothèques, collèges, restauration des basiliques romaines |
| Grégoire XI | Pierre Roger de Beaufort | 1370-1378 | Retour à Rome ; relance des chantiers romains |
Avignon, capitale artistique de l’Europe gothique
Pour saisir l’importance du personnage, il faut mesurer ce qu’Avignon était devenue au moment où il en hérite. Entre 1309 et 1377, la petite cité provençale se transforme en l’une des plus grandes capitales du continent. La papauté y attire banquiers florentins, juristes bolonais, marchands catalans, et surtout une population d’artistes considérable. Le chantier du Palais des Papes mobilise des centaines d’ouvriers pendant trois décennies. Le résultat, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, reste le plus vaste édifice gothique du monde : quinze mille mètres carrés de surface au sol, des murs de quatre mètres d’épaisseur, des tours qui culminent à plus de cinquante mètres. L’ensemble tient autant de la forteresse que du palais, un parti pris défensif qui traduit l’instabilité politique du siècle plus qu’un goût pour l’austérité.

À l’intérieur, la décoration raconte une autre histoire. Clément VI, l’oncle de notre dernier pape français, fait venir de Viterbe un peintre nommé Matteo Giovannetti, qui devient à partir de 1343 le maître d’œuvre de la peinture pontificale. Giovannetti dirige des équipes venues de toute l’Europe et signe dans la chapelle Saint-Martial, peinte en 1344 et 1345, un cycle consacré à la vie de saint Martial, évangélisateur du Limousin natal du pape. Ces fresques comptent parmi les témoignages les plus précieux du gothique international naissant. Le peintre y expérimente des mises en profondeur, des architectures feintes et des raccourcis qui anticipent largement les recherches perspectives du siècle suivant. La chapelle Saint-Jean, la Grande Audience et la fameuse Chambre du Cerf complètent cet ensemble. Cette dernière, ornée de scènes de chasse et de pêche dans un décor de verdure, offre un aperçu rarissime de la vie profane des papes, loin de toute imagerie dévotionnelle.
Un carrefour de techniques et d’influences
L’originalité avignonnaise tient à ce brassage. On y peint à fresque selon les méthodes siennoises, mais on y sculpte selon des modèles français ; on y enlumine des manuscrits dans un style qui mêle la souplesse bolonaise et l’élégance parisienne ; on y produit une orfèvrerie liturgique dont les inventaires pontificaux détaillent la richesse avec une précision de comptable. Simone Martini, l’un des plus grands peintres siennois, séjourne à Avignon dans les années 1330 et y meurt en 1344. Sa présence, comme celle de Giovannetti, explique pourquoi les historiens de l’art parlent d’une véritable « école d’Avignon » dont l’influence rayonnera longtemps sur le Midi et la vallée du Rhône.
« La papauté d’Avignon n’a pas seulement déplacé un siège : elle a créé, sur les bords du Rhône, un laboratoire où les manières italiennes et les traditions gothiques du Nord se sont mutuellement transformées. »
Le pontificat de Grégoire XI et le retour à Rome
Grégoire XI hérite donc d’une cour brillante, mais aussi d’une situation politique dégradée. L’Italie pontificale échappe largement au contrôle romain, Florence prend la tête d’une ligue hostile, et la légitimité même d’une papauté installée hors de Rome est contestée avec une vigueur croissante. Deux voix féminines pèsent particulièrement dans sa décision : sainte Brigitte de Suède, morte en 1373 après avoir multiplié les appels au retour, et surtout sainte Catherine de Sienne, qui vient plaider en personne à Avignon en 1376. Le pape se met en route à l’automne de la même année. Après une traversée maritime éprouvante et un hivernage à Corneto, il fait son entrée dans Rome le 17 janvier 1377, mettant fin à près de soixante-dix ans d’exil rhodanien.
Le retour ne règle rien. Rome est en partie ruinée, le Latran a brûlé, la basilique Saint-Pierre nécessite des réparations urgentes, et la guerre contre Florence se poursuit avec une brutalité qui ternit durablement la mémoire du pontife, notamment après le massacre de Cesena en 1377. Grégoire XI meurt le 27 mars 1378, épuisé, à moins de cinquante ans. Son décès déclenche immédiatement le conclave houleux d’où sortira Urbain VI, puis, quelques mois plus tard, le schisme qui déchirera l’Occident chrétien pendant quarante ans. Les mécanismes de cette élection singulière, et leur évolution jusqu’à nos jours, sont détaillés dans notre dossier le conclave en 5 questions.

Le tombeau : un monument politique autant qu’artistique
L’histoire du tombeau de Grégoire XI mérite qu’on s’y attarde, car elle illustre parfaitement la façon dont l’art sacré met en forme une mémoire collective. Le pape est inhumé à Rome, mais son monument funéraire actuel n’a rien de médiéval : il date de la fin du XVIe siècle. En juillet 1584, le Conseil municipal romain délibère et commande un mausolée au sculpteur Pietro Paolo Olivieri, qui le signe et le date de la même année ; l’ensemble est mis en place vers 1585 dans le transept sud de la basilique Santa Francesca Romana, ancienne Santa Maria Nova, au bord du Forum. Le relief central met en scène le retour du pontife depuis Avignon, avec une composition narrative où le peuple romain accueille son souverain. Autrement dit, le monument ne célèbre pas d’abord la sainteté du défunt, mais un service rendu à la ville. Les spécialistes soulignent d’ailleurs que le visage sculpté par Olivieri, deux siècles après les faits, ne prétend nullement à la ressemblance : il s’agit d’un portrait d’idée, non d’un portrait d’après nature.
Le repère de la rédaction
Un tombeau papal se lit toujours à deux niveaux. Le premier est dévotionnel : gisant, mains jointes, tiare, inscription funéraire appelant la prière des fidèles. Le second est politique : le choix de la basilique, le programme des reliefs, l’identité du commanditaire. Dans le cas de Grégoire XI, c’est la municipalité romaine, et non la curie, qui finance le monument deux siècles après sa mort. Cette commande tardive s’inscrit dans le contexte de la Contre-Réforme, où Rome reconstruit son récit de capitale légitime de la chrétienté. Le dernier pape français y devient, paradoxalement, un héros romain.
Ce que le pontificat avignonnais a légué à l’art sacré
Réduire la période avignonnaise à une parenthèse ou à une captivité, comme le fit longtemps l’historiographie italienne en parlant de « captivité de Babylone », revient à passer à côté de son apport réel. La cour pontificale du XIVe siècle a joué un rôle de commanditaire d’une intensité rare, et les formes qu’elle a favorisées se retrouvent bien au-delà de la Provence. Le style dit « gothique international », qui domine l’Europe entre 1380 et 1430 environ, doit beaucoup à ce creuset où des artistes de langues différentes travaillaient côte à côte sur les mêmes échafaudages. La ligne souple des drapés, le goût pour les détails naturalistes, l’usage somptueux de l’or et du lapis-lazuli, la mise en scène des espaces architecturés : autant de traits que l’on retrouvera chez les frères Limbourg comme chez Gentile da Fabriano.
| Attribut | Apparence | Signification | Époque d’apparition |
|---|---|---|---|
| Tiare | Coiffe conique à trois couronnes | Autorité d’ordre, de juridiction et de magistère | Triple couronne fixée sous Clément V et Jean XXII |
| Clés croisées | Une clé d’or, une clé d’argent | Pouvoir de lier et de délier confié à Pierre | Iconographie constante depuis le haut Moyen Âge |
| Pallium | Bande de laine blanche à croix noires | Plénitude de la charge pastorale | Antiquité tardive |
| Ferula | Croix processionnelle sans crosse | Distinction avec la crosse épiscopale ordinaire | Usage médiéval et contemporain |
| Anneau du pêcheur | Sceau gravé, brisé à la mort du pape | Autorité personnelle et non transmissible | Attesté au XIIIe siècle |
L’héritage matériel est lui aussi considérable, même si les vicissitudes de l’histoire l’ont durement éprouvé. Les fresques du Palais des Papes ont subi les dégradations de la Révolution, puis l’installation d’une caserne militaire au XIXe siècle, qui les a fait gratter et enduire. Ce qu’il en reste tient du miracle. La chapelle Saint-Martial, restaurée à plusieurs reprises, fait aujourd’hui l’objet de campagnes de conservation-restauration menées sous contrôle scientifique, avec relevés photogrammétriques, analyses stratigraphiques des couches picturales et consolidation des mortiers. Ces interventions rappellent une réalité que les visiteurs oublient parfois : une fresque du XIVe siècle n’est jamais un objet stable, mais un équilibre fragile entre support, enduit et pigments, sensible à l’humidité et aux variations thermiques.
Voir les œuvres aujourd’hui
Plusieurs lieux permettent d’approcher concrètement cet univers. Le Palais des Papes d’Avignon, ouvert toute l’année, conserve la Chambre du Cerf, les chapelles Saint-Martial et Saint-Jean, ainsi que le Grand Tinel. Le Petit Palais, à quelques centaines de mètres, abrite l’une des plus riches collections de peinture italienne des XIIIe-XVIe siècles hors d’Italie, avec des panneaux qui donnent une idée précise du goût pontifical. À Villeneuve-lès-Avignon, la chartreuse du Val-de-Bénédiction, fondée par Innocent VI, conserve dans la chapelle de son tombeau des fresques attribuées à Giovannetti et à son atelier. À Rome enfin, Santa Francesca Romana permet de voir le monument d’Olivieri, dans une basilique dont l’abside conserve par ailleurs une mosaïque du XIIe siècle remarquable.

Le saviez-vous ?
Avignon n’a jamais été française sous les papes. La cité fut achetée en 1348 par Clément VI à Jeanne de Naples, comtesse de Provence, pour quatre-vingt mille florins, et resta possession pontificale jusqu’à son rattachement à la France en 1791. Le Comtat Venaissin voisin appartenait au Saint-Siège depuis 1274. Autrement dit, les sept papes « français » d’Avignon régnaient depuis un territoire souverain enclavé, et non depuis le royaume de France. Cette subtilité juridique explique en partie pourquoi la cour pontificale put y développer un mécénat aussi libre, indépendant des chantiers royaux de Paris.
Pourquoi plus aucun pape français depuis 1378 ?
La question intrigue, et elle appelle une réponse mesurée. Le Grand Schisme a durablement discrédité l’idée d’une papauté dominée par une seule nation, et les conclaves du XVe siècle ont réagi en privilégiant massivement les candidats italiens. Entre 1378 et 1978, à l’exception notable d’Adrien VI, néerlandais, élu en 1522, tous les papes furent italiens. Ce monopole de six siècles s’est brisé avec Jean-Paul II, polonais, puis Benoît XVI, allemand, François, argentin, et depuis 2025 Léon XIV, premier pape né aux États-Unis. La composition du Sacré Collège a elle aussi profondément changé : les cardinaux électeurs viennent aujourd’hui de tous les continents, et la part européenne y diminue régulièrement, ce qui rend statistiquement moins probable, mais nullement impossible, l’élection d’un Français.
Il faut aussi rappeler que la nationalité n’a jamais constitué un critère canonique. Tout homme catholique baptisé de sexe masculin est théoriquement éligible ; dans les faits, le choix se porte depuis des siècles sur un cardinal. Les électeurs pèsent d’abord des qualités de gouvernement, une expérience pastorale, une capacité à incarner une orientation pour l’Église universelle. Pour comprendre les règles précises de cette élection et les gestes qui l’accompagnent, notre article sur comment élire un nouveau pape détaille la procédure, tandis que celui consacré à la question le pape peut-il démissionner éclaire un point de droit canonique redevenu d’actualité depuis 2013.
Les Français cardinaux et la mémoire limousine
La France conserve néanmoins une place notable dans l’histoire pontificale, ne serait-ce que par le nombre de ses cardinaux et par le rôle de ses institutions romaines : Saint-Louis-des-Français, l’église nationale au cœur de Rome, célèbre pour ses trois Caravage de la chapelle Contarelli, ou la Trinité-des-Monts en haut de l’escalier de la place d’Espagne. En Limousin, la mémoire des papes locaux reste vive : le château des Roches à Rosiers-d’Égletons, berceau de la famille Roger de Beaufort, la collégiale de Saint-Léonard-de-Noblat ou l’abbaye de La Chaise-Dieu, en Auvergne, où repose Clément VI sous un tombeau monumental entouré des célèbres tapisseries du XVIe siècle et de la danse macabre peinte. Ces édifices, presque tous classés ou inscrits au titre des Monuments historiques, font l’objet de campagnes de restauration régulières.
Patrimoine pontifical : les bons réflexes de conservation
Nombre de lecteurs s’intéressent à ces édifices non en simples visiteurs, mais parce qu’ils siègent dans une association de sauvegarde, participent à une souscription ou possèdent un bien dans un secteur protégé. Quelques repères pratiques s’imposent alors. Dès qu’un édifice est classé ou inscrit au titre des Monuments historiques, tous travaux, même d’entretien apparemment anodin sur un enduit ou une couverture, relèvent d’une autorisation préalable et du contrôle scientifique et technique de l’État. L’Architecte des Bâtiments de France, au sein de l’unité départementale de l’architecture et du patrimoine, est l’interlocuteur de proximité pour tout ce qui touche aux abords et aux sites patrimoniaux remarquables. La DRAC, par sa conservation régionale des monuments historiques, instruit les dossiers portant sur les édifices protégés eux-mêmes et sur les objets mobiliers classés, catégorie dont relèvent la plupart des retables, statues et pièces d’orfèvrerie liturgique.
Côté financement, la Fondation du patrimoine accompagne les souscriptions populaires, y compris pour des édifices non protégés, et le loto du patrimoine soutient chaque année des projets d’urgence. Les collectivités territoriales, les fondations privées et les associations de sauvegarde complètent souvent les plans de financement. Une précision qui a son importance : sur une fresque, une peinture murale ou un tableau, l’intervention relève d’un restaurateur du patrimoine habilité, et non d’un artisan peintre, aussi talentueux soit-il. Sur un édifice protégé, la maîtrise d’œuvre revient à un architecte du patrimoine ou, pour les monuments classés, à un architecte en chef des monuments historiques. Cet article est informatif et ne remplace en aucun cas l’avis d’un professionnel qualifié, conservateur, restaurateur d’art ou architecte du patrimoine selon la nature du projet.
- Avant tout projet : vérifier le statut de protection de l’édifice ou de l’objet auprès de la base Mérimée ou Palissy du ministère de la Culture.
- Prendre contact tôt avec l’unité départementale de l’architecture et du patrimoine, avant même l’esquisse, pour éviter les impasses.
- Documenter l’existant par un relevé photographique complet et daté, indispensable pour tout dossier et pour le suivi ultérieur.
- Privilégier la réversibilité des interventions et la compatibilité des matériaux, principe fondamental de la déontologie de la restauration.
- Anticiper les délais : l’instruction d’une autorisation de travaux sur monument classé se compte en mois, rarement en semaines.
Questions fréquentes
Qui est précisément le dernier pape français ?
Grégoire XI, né Pierre Roger de Beaufort vers 1329 en Limousin, pape du 30 décembre 1370 au 27 mars 1378. Il fut le septième et dernier pontife de la période avignonnaise, et le dernier Français élu à ce jour.
Pourquoi les papes d’Avignon après 1378 ne comptent-ils pas ?
Clément VII et Benoît XIII, qui résidèrent à Avignon pendant le Grand Schisme, sont considérés par l’Église comme des antipapes : leur élection n’a pas été reconnue canoniquement. De plus, ils n’étaient respectivement ni l’un ni l’autre français, mais savoyard et aragonais.
Combien de papes français y a-t-il eu au total ?
Seize, si l’on retient les définitions territoriales usuelles, de Sylvestre II (999-1003) à Grégoire XI (1370-1378). Sept d’entre eux se succèdent pendant la seule période avignonnaise.
Où se trouve le tombeau de Grégoire XI ?
Dans le transept sud de la basilique Santa Francesca Romana, à Rome, au bord du Forum. Le monument actuel a été sculpté par Pietro Paolo Olivieri sur commande du Conseil municipal romain en 1584, soit deux siècles après la mort du pape.
Peut-on visiter les fresques de Matteo Giovannetti ?
Oui. La chapelle Saint-Martial et la Chambre du Cerf se visitent dans le cadre du parcours du Palais des Papes à Avignon. D’autres fresques attribuées à son atelier sont visibles à la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon.
Un Français peut-il redevenir pape ?
Rien ne s’y oppose sur le plan du droit canonique, la nationalité n’étant pas un critère d’éligibilité. La composition de plus en plus internationale du collège cardinalice rend simplement l’hypothèse statistiquement moins fréquente qu’au XIVe siècle.
Un héritage à regarder autant qu’à raconter
Grégoire XI reste, pour beaucoup, une réponse de quiz. Il mérite mieux. Son pontificat bref et tourmenté ferme une séquence pendant laquelle la papauté a inventé une manière de construire, de peindre et de mettre en scène le sacré, dont les effets se lisent encore sur les murs d’Avignon et dans les collections du monde entier. Que l’on visite le Palais des Papes ou le Petit Palais, que l’on s’attarde devant un panneau siennois ou devant le relief d’Olivieri à Rome, on touche à la même question : comment une institution donne-t-elle forme visible à son autorité ? Le dernier pape français n’a pas commandé les plus belles œuvres de son siècle, mais il en fut l’héritier direct et le dernier dépositaire avignonnais. C’est peut-être la meilleure raison de retenir son nom. Pour prolonger, notre article recensant le nom des 5 derniers papes permet de mesurer le chemin parcouru depuis le XIVe siècle jusqu’aux pontificats les plus récents.

Sasha est rédactrice pour Art Religieux. Passionnée par l’histoire des religions et le patrimoine culturel, elle analyse les textes fondateurs, les symboles et les traditions avec une approche rigoureuse et accessible. À travers des contenus documentés et neutres, elle contribue à éclairer les lecteurs sur les grandes croyances et leur influence sur les civilisations.
