Basilique Saint-Pierre de Rome et sa place, lieu majeur du jubilé

Qu’est-ce qu’un jubilé ? Origine, sens et art sacré

Tous les vingt-cinq ans environ, Rome voit affluer des millions de pèlerins venus franchir une porte murée le reste du temps. Cette cérémonie spectaculaire porte un nom que chacun connaît sans toujours en saisir la portée : le jubilé. Qu’est-ce qu’un jubilé ? Dans la tradition biblique, c’est une année de remise, de repos et de liberté, proclamée au son de la corne de bélier. Dans l’Église catholique, c’est une « Année sainte » qui associe pèlerinage, réconciliation et indulgence. Cet article retrace l’origine hébraïque du mot, la naissance du jubilé chrétien en 1300, les rites de la Porte Sainte et la manière dont les artistes, des mosaïstes médiévaux aux architectes baroques, ont donné forme à cette idée. Il s’agit d’une présentation informative et descriptive, fondée sur les textes et sur l’histoire de l’art.

Aux origines bibliques du jubilé : le yôvel du Lévitique

Le mot « jubilé » vient de l’hébreu yôvel, qui désigne la corne de bélier, le shofar, dont le son annonçait l’ouverture de l’année particulière décrite au chapitre 25 du Lévitique. Selon ce texte de la Torah, que l’on retrouve dans l’Ancien Testament, le peuple d’Israël devait compter sept semaines d’années, soit sept fois sept ans, puis sanctifier la cinquantième année. Le dixième jour du septième mois, à la date du Grand Pardon, on faisait résonner la corne dans tout le pays. La tradition associe ce moment à la proclamation de la liberté, comme si le temps lui-même était remis à neuf après un long cycle de labeur.

« Vous sanctifierez la cinquantième année, vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants. Ce sera pour vous le jubilé : chacun de vous retournera dans sa propriété, chacun de vous retournera dans sa famille. »

Lévitique 25, 10 (traduction Louis Segond, 1910)

Le texte biblique fixe plusieurs obligations concrètes. La terre devait être laissée en jachère, les champs vendus revenaient à la famille d’origine, les dettes étaient remises et les Hébreux réduits en servitude retrouvaient leur liberté. L’idée de fond est que la terre appartient à Dieu et que nul ne peut s’en rendre propriétaire définitif. Les historiens discutent encore de l’application réelle de ces prescriptions : certains y voient un idéal théorique, d’autres une pratique ponctuelle. Quoi qu’il en soit, la tradition juive en a conservé la mémoire, et le prophète Isaïe évoque une « année de grâce » qui prolonge cette espérance de libération. Cette notion de remise et de nouveau départ sera reprise par les chrétiens sous une forme spirituelle.

De la corne de bélier au verbe « jubiler »

Un glissement de sens a durablement brouillé l’étymologie. Quand la Bible hébraïque est traduite en latin, le mot yôvel devient iobelaeus, puis iubilaeus. Or le latin possède déjà le verbe iubilare, qui signifie pousser des cris de joie. Les auteurs chrétiens rapprochent naturellement les deux termes, de sorte que le jubilé finit par désigner à la fois la corne, l’année de remise et l’allégresse qui l’accompagne. Saint Jérôme, traducteur de la Vulgate, a largement contribué à fixer ce vocabulaire. C’est pourquoi, en français, on dit encore « jubiler » pour exprimer une grande joie et « jubilé » pour une fête anniversaire, comme le jubilé d’un règne ou d’un mariage.

Façade de la basilique Saint-Pierre de Rome avec ses statues et ses colonnes
La façade de la basilique Saint-Pierre, au Vatican, point d’arrivée des pèlerins de l’Année sainte. Photo : C1 Superstar / Pexels

1300 : Boniface VIII invente le jubilé chrétien

Le jubilé catholique naît à Rome au tournant du XIVe siècle. Au début de l’année 1300, une foule de fidèles se presse à Saint-Pierre, persuadée qu’un grand pardon est attaché au passage du siècle. Le pape Boniface VIII, qui ne dispose d’abord d’aucun précédent, fait enquêter auprès des anciens et finit par publier, le 22 février 1300, la bulle Antiquorum habet fida relatio. Il y accorde une indulgence très large à ceux qui, après s’être confessés, visiteront les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul pendant trente jours pour les Romains et quinze jours pour les étrangers. Les chroniqueurs rapportent des foules considérables, et le poète Dante, qui se trouve à Rome cette année-là, fait allusion à la cohue des pèlerins sur le pont Saint-Ange dans l’Enfer.

Cette première célébration fixe un modèle durable : un déplacement vers Rome, la visite de sanctuaires précis, la confession et la prière. Le succès est tel que la papauté, alors affaiblie par les conflits avec le roi de France, y trouve un regain de prestige et des ressources. Un souvenir artistique subsiste dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, où un fragment de fresque attribué à Giotto ou à son atelier montre le pape annonçant l’Année sainte depuis une loggia. L’image est précieuse parce qu’elle appartient aux plus anciens témoignages figurés du jubilé. Elle illustre aussi la volonté de Boniface VIII de faire de Rome le centre visible de la chrétienté, par la parole comme par l’image.

Un rythme qui s’accélère : 100, 50, 33 puis 25 ans

Boniface VIII avait prévu un jubilé tous les cent ans. Mais l’enthousiasme des fidèles bouscule ce calendrier. En 1343, le pape Clément VI, installé à Avignon, publie la bulle Unigenitus Dei Filius et ramène l’intervalle à cinquante ans, ce qui conduit au jubilé de 1350, malgré la peste noire qui ravage l’Europe. Urbain VI choisit ensuite trente-trois ans, en référence à la durée de la vie terrestre du Christ, et Paul II fixe en 1470 la périodicité de vingt-cinq ans, appliquée dès 1475 sous Sixte IV. Ce rythme reste en vigueur : l’Église distingue aujourd’hui le jubilé ordinaire, tous les vingt-cinq ans, et le jubilé extraordinaire, convoqué à l’occasion d’un événement particulier.

Date Pape Événement ou décision
1300 Boniface VIII Premier jubilé chrétien, bulle Antiquorum habet fida relatio
1343 Clément VI Périodicité ramenée à cinquante ans (Unigenitus Dei Filius)
1470-1475 Paul II, Sixte IV Rythme de vingt-cinq ans instauré puis appliqué
1500 Alexandre VI Rite d’ouverture de la Porte Sainte à Saint-Pierre
1950 Pie XII Année sainte marquée par la proclamation du dogme de l’Assomption
2000 Jean-Paul II Grand Jubilé de l’An 2000
2015-2016 François Jubilé extraordinaire de la Miséricorde
2025-2026 François, Léon XIV Jubilé « Pèlerins d’espérance », ouvert fin 2024 et clos à l’Épiphanie 2026

La Porte Sainte : un rite d’architecture et de passage

Le geste le plus célèbre du jubilé est l’ouverture de la Porte Sainte. La tradition en fait remonter la forme actuelle à Alexandre VI, qui ouvre solennellement une porte de Saint-Pierre à la veille de Noël 1499 pour l’année 1500. Dans les basiliques concernées, il existe une porte latérale, murée de l’intérieur pendant les années ordinaires. Au début de l’Année sainte, le pape frappe symboliquement la maçonnerie, puis les ouvriers dégagent le passage. Les fidèles franchissent ensuite le seuil en priant. Le rite parle par lui-même : l’entrée dans l’église devient une image du passage d’un état à un autre, et l’architecture sert de support à une pédagogie du corps, puisqu’il faut littéralement traverser pour accomplir le pèlerinage.

Quatre basiliques papales possèdent une Porte Sainte : Saint-Pierre du Vatican, Saint-Jean-de-Latran, Saint-Paul-hors-les-Murs et Sainte-Marie-Majeure. À Saint-Pierre, la porte de bronze actuelle date de 1950, l’année même d’un jubilé, et elle est ornée de panneaux de reliefs consacrés au pardon et à la miséricorde. Lors de la clôture, la porte est refermée puis de nouveau murée, ce qui compose un cycle visuel complet : fermeture, ouverture, passage, fermeture. Pour le jubilé de 2025, des Portes Saintes ont aussi été ouvertes dans d’autres lieux, notamment une prison romaine, afin que le message de réconciliation touche des personnes qui ne pouvaient pas se rendre à la basilique.

Intérieur de la basilique Saint-Pierre de Rome avec ses sculptures et ses décors baroques
Dans la nef de Saint-Pierre, sculptures et ors baroques accompagnent le parcours du pèlerin. Photo : Peter de Vink / Pexels

Pèlerinage, confession et indulgence

Le jubilé repose sur trois démarches liées entre elles. La première est le pèlerinage : se mettre en route, souvent à pied, vers un lieu désigné. La deuxième est la réconciliation, c’est-à-dire le sacrement de pénitence. La troisième est la prière, notamment à l’intention du pape. À ces conditions, l’Église propose l’indulgence plénière. Cette notion est fréquemment mal comprise : selon la doctrine catholique, l’indulgence n’efface pas le pardon des fautes, qui est reçu dans la confession, mais la peine temporelle qui subsiste après celles-ci. Pour les historiens, la querelle sur les indulgences au début du XVIe siècle a d’ailleurs nourri la Réforme protestante, et les jubilés ont dès lors fait l’objet de vifs débats entre catholiques et protestants.

Ce que le jubilé a changé dans l’art et la ville de Rome

Chaque Année sainte a laissé des traces dans la pierre. Pour accueillir les foules, les papes ont ouvert des rues, restauré des églises, construit des ponts et commandé des décors. Au XVIe siècle, Sixte V et ses successeurs tracent de grands axes qui relient les sanctuaires. Au XVIIe siècle, Le Bernin dessine la colonnade qui enlace la place Saint-Pierre, que l’on peut découvrir dans notre article sur la place Saint-Pierre à Rome. En 1650, Borromini transforme la nef de Saint-Jean-de-Latran à l’occasion de l’Année sainte, avec une série de niches abritant les apôtres sculptés. Ces chantiers montrent à quel point le jubilé a servi de moteur à la commande artistique.

Le XXe siècle prolonge cette logique. La percée de la via della Conciliazione, ouverte en 1950 pour l’Année sainte, a créé l’axe monumental qui conduit aujourd’hui au parvis de Saint-Pierre. En 2000, puis en 2025, de nombreux chantiers de restauration ont été menés pour accueillir les visiteurs. Ils concernent des édifices protégés au titre du patrimoine mondial, car le centre historique de Rome et les propriétés du Saint-Siège figurent sur la liste de l’UNESCO. Sur le plan iconographique, la Porte Sainte, la clef, le marteau et le pèlerin au bâton sont devenus des motifs récurrents, que l’on retrouve sur les médailles commémoratives, les gravures de pèlerinage et les frontispices de livres.

Quatre basiliques, quatre trésors

Le parcours jubilaire est aussi une promenade dans quinze siècles d’art chrétien. Les quatre basiliques papales offrent un panorama presque complet, des mosaïques paléochrétiennes au baroque, et chacune garde une identité forte. Le tableau ci-dessous rassemble quelques repères pour les distinguer, sans prétendre à l’exhaustivité. Il permet de comprendre pourquoi les pèlerins, depuis le Moyen Âge, se déplacent d’un sanctuaire à l’autre avec des attentes différentes : certains cherchent la tombe de l’apôtre, d’autres la cathédrale du pape, d’autres encore les images de la Vierge.

Basilique Particularité Décor à remarquer
Saint-Pierre du Vatican Tombeau de l’apôtre Pierre, centre de la catholicité Coupole de Michel-Ange, baldaquin du Bernin, Pietà
Saint-Jean-de-Latran Cathédrale de Rome, dite « mère de toutes les églises » Nef de Borromini, statues des apôtres, façade de Galilei
Saint-Paul-hors-les-Murs Tombeau de l’apôtre Paul, reconstruite après l’incendie de 1823 Mosaïque d’abside, portraits des papes, cloître cosmatesque
Sainte-Marie-Majeure Principal sanctuaire marial de Rome Mosaïques du Ve siècle, pavement cosmatesque, chapelles baroques

Les jubilés récents : de l’An 2000 à « Pèlerins d’espérance »

Le jubilé contemporain a gardé ses rites tout en élargissant ses thèmes. Le Grand Jubilé de l’An 2000, voulu par Jean-Paul II, a fait du passage au troisième millénaire une occasion de demande de pardon et de dialogue avec d’autres religions. En 2015, le pape François convoque un jubilé extraordinaire consacré à la miséricorde, avec des portes saintes ouvertes dans les diocèses du monde entier. Le jubilé de 2025, placé sous le thème « Pèlerins d’espérance » et annoncé par la bulle Spes non confundit, s’est ouvert le 24 décembre 2024 et s’est achevé à l’Épiphanie 2026 sous le pontificat de Léon XIV. Nous en détaillons les basiliques et les œuvres dans notre dossier sur le jubilé 2026 et le pèlerinage à Rome.

Ces dernières éditions montrent une évolution nette. Le pèlerinage n’est plus seulement un voyage vers Rome : les évêques ouvrent des lieux de pèlerinage locaux, les cathédrales deviennent des étapes et les croyants qui ne peuvent pas se déplacer, malades ou détenus, sont associés à la démarche. Pour l’histoire de l’art, c’est un changement d’échelle, car les édifices ordinaires gagnent une dimension symbolique, et leurs décors, souvent oubliés, retrouvent des visiteurs. Un regard sur le pontificat récent, que nous avons évoqué dans notre article sur le pape François et l’art sacré, éclaire ce choix d’une Église qui privilégie la rencontre et l’accueil. Les prochains rendez-vous évoqués par l’Église concernent un jubilé extraordinaire de la Rédemption en 2033, qui commémorerait les deux mille ans de la Passion.

Intérieur de la coupole de la basilique Saint-Pierre, vue depuis le sol
Sous la coupole de Saint-Pierre, l’espace s’élève vers la lumière, image d’un pèlerinage achevé. Photo : kevin yung / Pexels

Le jubilé dans d’autres traditions

L’idée d’un grand pardon périodique n’est pas propre au catholicisme. Dans le judaïsme, l’année jubilaire biblique a nourri des interprétations multiples, et les rabbins ont discuté son application après la destruction du Temple, notamment parce que la loi suppose que tout le peuple vive en Terre d’Israël. L’année sabbatique, la shemitta, qui revient tous les sept ans, reste observée aujourd’hui par certaines communautés. Les Églises orthodoxes, de leur côté, ne connaissent pas l’Année sainte selon le modèle romain, mais ont leurs grands pèlerinages, comme ceux du mont Athos ou de Jérusalem. Les protestants, qui rejettent le système des indulgences, célèbrent plutôt des anniversaires, par exemple celui de la Réforme.

Dans l’islam, le pèlerinage de La Mecque, le hajj, réunit chaque année des millions de personnes autour de la Kaaba et constitue un autre exemple de déplacement collectif vers un centre sacré, avec une logique propre de purification. Dans l’hindouisme, le Kumbh Mela rassemble tous les douze ans des foules immenses au bord de fleuves sacrés. Ces comparaisons doivent rester prudentes : chaque rite répond à une théologie spécifique, et l’on ne peut pas les superposer. Mais elles rappellent que l’humanité a souvent associé le temps long, le lieu sacré et le renouveau moral, et que les artistes de chaque tradition ont cherché à représenter cette expérience du passage.

Symboles à connaître pour lire une Année sainte

Plusieurs signes reviennent dans les images du jubilé et méritent d’être reconnus. La Porte Sainte symbolise le Christ, qui se désigne dans l’Évangile selon Jean comme la porte des brebis. La clef rappelle celle de saint Pierre et l’autorité de lier et de délier. Le marteau, d’or ou d’argent selon les périodes, sert à l’ouverture rituelle. Le bâton et la coquille composent l’équipement du pèlerin, avec le bourdon et la besace. Les logos officiels récents associent souvent une croix, des figures humaines et une ancre, emblème d’espérance. Reconnaître ces motifs permet de comprendre une médaille, une gravure ancienne ou le programme sculpté d’un portail d’église.

  • La porte : passage de la faute au pardon, du dehors au dedans, image du Christ lui-même.
  • La clef : attribut de saint Pierre, signe d’autorité spirituelle confiée à l’Église.
  • Le marteau : outil du rite d’ouverture, qui brise symboliquement le mur du péché.
  • Le bâton de pèlerin : marque du voyageur, rappel que la vie chrétienne est un chemin.
  • La corne de bélier : rappel de l’origine biblique et de l’appel à la liberté.

Visiter les lieux du jubilé : conseils et précautions

Qui souhaite découvrir les basiliques romaines en dehors des périodes jubilaires peut le faire toute l’année, mais l’affluence varie fortement. Les horaires d’ouverture, les files d’attente et les règles de tenue vestimentaire sont fixés par les autorités de chaque basilique, et ils changent d’une saison à l’autre : il vaut mieux consulter les sites officiels avant de partir. Pour les œuvres d’art, la visite gagne à être préparée : Saint-Pierre, par exemple, expose la Pietà de Michel-Ange dans une chapelle latérale, protégée par une vitre depuis l’attentat de 1972. La lecture préalable d’un guide ou d’un article d’histoire de l’art aide à repérer l’essentiel.

Pour le patrimoine cultuel plus proche de chez vous, les cathédrales et églises protégées au titre des monuments historiques obéissent en France à des règles précises. Toute restauration ou modification en secteur protégé suppose l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France, l’intervention de la Direction régionale des affaires culturelles et, souvent, le recours à des restaurateurs agréés. La Fondation du patrimoine peut accompagner les projets locaux par des souscriptions et des aides. Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel qualifié, qu’il s’agisse d’un conservateur, d’un restaurateur d’art ou d’un architecte du patrimoine.

FAQ : questions fréquentes sur le jubilé

Tous les combien de temps a lieu un jubilé ?

Le jubilé ordinaire revient tous les vingt-cinq ans depuis le XVe siècle. Il existe aussi des jubilés extraordinaires, décidés par le pape pour un événement précis, comme celui de la Miséricorde en 2015-2016. Le prochain jubilé ordinaire est attendu en 2050, selon le calendrier de vingt-cinq ans, tandis qu’un jubilé extraordinaire de la Rédemption a été évoqué pour 2033. Les dates exactes dépendent toujours d’une décision du pape.

Faut-il aller à Rome pour vivre un jubilé ?

Non. Si Rome reste le cœur de la célébration, les évêques désignent depuis plusieurs décennies des églises jubilaires dans leurs diocèses. Les personnes malades, âgées ou empêchées peuvent s’associer à la démarche par la prière et par des gestes de charité, selon les indications de l’Église. Chaque diocèse publie ses propres modalités, et les fidèles sont invités à se renseigner auprès de leur paroisse.

Quelle différence entre jubilé et Année sainte ?

Les deux expressions désignent la même réalité. « Année sainte » insiste sur la durée et sur le caractère sacré du temps, tandis que « jubilé » renvoie à l’origine biblique et à la joie de la libération. Dans l’usage courant, on emploie l’un ou l’autre, et les documents officiels de l’Église associent volontiers les deux termes. Par extension, certains jubilés plus restreints sont accordés à un sanctuaire ou à un ordre religieux pour un anniversaire.

Que signifie la Porte Sainte ?

Elle représente le passage vers le pardon et la rencontre avec le Christ, que l’Évangile présente comme la porte. Matériellement, il s’agit d’une porte de basilique habituellement murée, ouverte uniquement pendant l’Année sainte. Cette mise en scène architecturale donne un sens concret au parcours : le fidèle franchit un seuil, accomplit un geste, puis poursuit sa visite et sa prière dans la basilique. Les artistes ont souvent illustré ce thème dans les bronzes de portes.

À retenir sur le jubilé

Le jubilé est d’abord une idée biblique de remise et de liberté, devenue en 1300 une grande fête chrétienne de pèlerinage et de pardon. Il a façonné Rome, ses basiliques, ses rues et ses images, et il continue d’inspirer des gestes artistiques contemporains. Selon la tradition catholique, il invite chacun à repartir sur de nouvelles bases ; pour l’historien de l’art, il est un formidable révélateur de la manière dont une société donne forme à ses espérances. Pour prolonger la lecture, explorez les articles consacrés au dogme et à l’iconographie de l’Assomption, proclamé lors de l’Année sainte de 1950.

Retour en haut